Arturo Fuente « Opus X » petit lancero

Dans la famille Opus X, voici un format peu reconnu qui n’est autre que le plus émacié d’entre tous, connaissez-vous le petit Lancero ?, à ne pas confondre avec le petit Lancelot  de Normandie. Non… ! Eh bien, je peux comprendre votre scepticisme, car faut avouer que sa tête taillée en pointe comme un vulgaire crayon papier et sa bague bien trop grande pour lui, ceux-ci n’arrangent pas cela. Visuellement, ce n’est pas la grande classe pour une ligne tant magnifiée depuis plus de 20 ans et qualifiée des cigares les plus rares au monde ! J’estime qu’à ce prix tout doit être parfait ! Mais à part ces quelques reproches justifiés, le cigare en lui-même reste parfaitement construit, un module sans trace de couture et joliment cintré, d’une cape de couleur matée colorado/ rosado, exaltant un doux bouquet  boisé, de chocolat et de beurre de cacahuète à la une mise au nez, plutôt enjôleur dans ces préliminaires olfactifs !

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Dès sa mise à feu, ce petit lancero développe rapidement, avec vivacité un caractère roboratif de bonne puissance et de bonne consistance. Ce démarrage tonique absent d’onctuosité et de volupté, voir assez râpeux sur le Chœur (fond du palais) s’émaille d’une certaine astringence commune aux Opus X, celle-ci localisée sur le parvis (sur les lèvres).

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Passée cette introduction, la première partie ne déroge en rien à sa fortune gustative vue précédemment. Ce petit « Lancero » à la physionomie bien formatée, continue ardemment sur un registre sec et nerveux. Bien entendu, les saveurs riches s’enorgueillissent de boisé humide de type sous-bois, de fruits secs à coque, de terre minérale et de notes épicées/ poivrées, qui hissent à merveille ce cigare au rang de cuisine vivifiante et non conformiste, très apprécié par une persistance tout à fait honorable, mais d’une rondeur au contraire peinant à s’arrondir dans ce climat trop vigoureux. Pour définir simplement ce premier temps, je le qualifierai de vif et pétillant, assez semblable à un champagne ou un vin blanc sec du type Chardonnay par exemple.

La seconde partie évolue étrangement sur une sensation anesthésiante sur l’ensemble de la bouche, plus identifiable sur l’avant haut du palais par un goût légèrement anisé d’insensibilité. Mais tout en développant dès à présent une forme gustative plus ronde, glissant sur une sensation uniforme plus grasse de terreux végétal et de poivrée, anisée. Un cigare évolutif malgré son diamètre, d’une bonne consistance et d’une puissance relative plutôt équilibrée. Cette dégustation rassasiante offre un panel de sensibilité toutefois riche qui pourrait s’avérer d’incompréhensif pour le premier des Béotiens. Ce petit « Lancero » en effet, demande une très bonne acuité pour être correctement apprécié, au risque que vous le trouviez trop influent dans son agrément et peu suave à votre goût, une réalité difficile à les tous premiers accords. « Pour rappel, la complexité d’un cigare se mesure en général sur deux échelles différentes, celle de la perception en bouche (l’acidité, l’amertume, le salé, le sucré et le poivré) et celle de la suggestion (boisé, chocolat, café, cuir, cèdre, etc…) ».

Pour terminer, ce dernier « Opus » progresse sur une rondeur plus licencieuse de poivré et de terreux acide, conforté à présent d’une amertume peu réconfortante. Comme quoi, un cigare évolutif et alambiqué, n’est pas forcément plaisant ! « 35% de la population ne perçoit pas cette sensation, cela viendrait d’un réflexe atavique visant à protéger notre espèce du goût amer du poison, le saviez-vous ? »

Exempt de saveurs trop torréfiées, petit à petit ce dernier évolue et s’alourdit amèrement sur des notes plus piquantes et plus lourdes, sans être cuisante pour autant ! En fait, ce petit « Lancero » me laisse perplexe, ainsi que mon ressenti à y percevoir l’aura d’un excellent cigare, simplement bon, suffira amplement à l’oublier. Pour 19€ tout de même, je lui préfère pour quelques euros de plus un de ses homologues « Opussiens », bien mieux apprêté ! Ma note de cœur 15/20 pour un module fortifiant à découvrir accompagné d’une coupette finement gazéifiée…

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