Cigare Pitbull Maestro « grand toro »

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Chez Art Tabac, on touche les cigares avec les yeux ! Ne vous risquez pas à ouvrir une vitrine sans y avoir été invité, au risque d’être mordu par le « Pitbull ». Cyril Pelletier, véritable passionné n’apprécie guère que l’on vienne tripoter ses jolies capes, un cigare n’est pas une soubrette aguicheuse sortie tout droit d’un ‘sexodrome’ sur laquelle, les mains invitent et grasses, boudinées, décharnées viennent palper, caresser et sentir avec trivialité leur douce intimité. Un point de vue légitime et respectable qui ancre l’histoire singulière de ce nom le « Pitbull », à l’image d’une fable que l’on raconterait le soir à nos bambins. Mais rassurez-vous, malgré ce surnom peut-être injuste, cette civette fait partie des plus accueillantes de Paris, les Pelletier Père & fils perpétuent fièrement leur passion de l’or noir à qui veut bien l’écouter et la déguster bien entendu. Aujourd’hui cette passion transpire dans chacune de leurs nouvelles créations, après le ‘Carlito’, le ‘Muchacha’ voici le grand toro ‘Maestro’, un authentique puro du Nicaragua toujours réalisé par Abdel Fernandez dans la région d’Esteli, un terroir réputé pour produire des feuilles épaisses de très grandes intensités. Malheureusement, la recette exacte de ce cigare met complètement inconnu, hormis que les tabacs proviennent exclusivement du Nicaragua. Sachez que 4 terroirs se partagent la production nationale de cigare dans ce pays, avec celle de la région d’Esteli, de Condega, de Jalapa et de l’île volcanique d’Omotepe.

Bref, après ce petit aparté, revenons à l’essentiel par une petite inspection d’usage. Au premier contact, j’avoue que ce module me plaît plutôt bien, lourd, robuste, on ressent de suite la générosité de sa conception, voire une forme de gourmandise de la part de son inventeur. D’une cape lisse de couleur maduro, celle-ci se pare de quelques traces saillantes et nervurées sur une surface cireuse et satinée. Ce ‘Maestro’ porte très bien le complet cinq pièces, le tout avec fermeté, élégance et souplesse. Au nez, son parfum oscille entre minéralité terreuse et saveur chocolatée un brin épicé, devinant un assemblage d’un subtil et séduisant bouquet.

D’emblée, dès l’allumage  les premiers ronds de fumée vaporisés par notre ‘Maestro’ alimentent  copieusement l’avidité de l’amateur dans un confort de fumage très agréable, aucune contrariété à déplorer pour les prémices de cette dégustation, dont je trouve de suite ample et généreuse.

Après 10 bonnes minutes, la dégustation s’installe tranquillement dans la prudence et la constance. Une première partie chatoyante, illustrée par des notes crayeuses de terre, ainsi que de fruits gras et secs, ajoutant à cela un soupçon de café, mais plutôt celui du grain à moudre. D’intensité aromatique  légère, son juste équilibre olfactif lui confère un agrément salutaire et une prise en bouche très docile pour l’amateur occasionnel. Ce premier temps est juste et sans dissonance, bien qu’un peu trop arachnéen pour ma part. Une complaisance agréable au profit du plus grand nombre, tel est la tendance du moment.

Dans un 2e temps, les saveurs deviennent plus fondues et grasses, ainsi qu’une meilleure homogénéité dans leur perception, flirtant sur des arômes suaves de tourbe, de crémeux et de torréfié. Ce profil gustatif assez linéaire semble se gratifier d’une seconde partie très onctueuse, très plaisant, après environ 45 minutes de fumage. D’une complexité moyenne, ce Maestro fait amende honorable et s’enorgueillit d’un rancio attachant et flatteur. Aucune exaltation ou d’empressement de la part de sa consistance, cette dégustation persiste dans un registre de douceur et de placidité. Ce ‘Maestro’ maintient son cap sans faiblir et sans déroger à sa mission de nous offrir un fumage inaltérable, du moins pour l’instant !

Sur le 3e temps, petit à petit poussé dans ses retranchements, les sensations demeurent  toujours inchangées et rien ne vient vraiment troubler cette dernière partie. Un peu plus de corps, mais la puissance reste tout de même affable sans vraiment vous assommer. Ce ‘toro’ imperturbable, file droit comme une locomotive à vapeur, lancé fièrement au travers des plaines d’Esteli ! Ce n’est qu’une fois en gare et épuisé que notre ‘Maestro’ au souffle chaud, envoie ses dernières salves de fumée grave et réglissé, de café nicotiné et d’âcreté. Eh oui, quand sonne le glas, le puro trépasse !

Pour les amateurs de cigare Nicaraguayen, je préfère le préciser, allez-y ! Malgré ses dimensions généreuses, lesquelles pourraient en inquiéter plus d’un, ce ‘Maestro’ a contrario, a su jouer la carte de la bonhomie et de l’onctuosité, en sachant très bien vous apprivoiser. Une belle réalisation accessible à tous, même certaines dames peuvent s’y risquer sans problème. ( Juste un petit bémol en ce qui me concerne, ce cigare demanderait un peu plus de corps à mon goût )     

Ma note de cœur 17/20, un très bon cigare dans l’ensemble.

  • Origine: tripe: Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: grand robusto
  • Taille: 165mm x 23mm
  • Bague: 58
  • Poids: 23,7gr
  • Année: 2015
  • Prix: 15,5€ ( Suisse )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

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