Montecristo Especial n°1 ( long panatela )

Qui connaît encore de nos jours ce format ? Le long panatela, aujourd’hui un format boudé et tombé en désuétude qui connut ses heures de gloire dans les années 60-70. Élégant, racé, je dirai même un tantinet féminin, ce format appartient à la vieille école des fumeurs de Havane, toujours appréciés par quelques irréductibles aficionados. Je vous en parle, car comme vous le savez, tous les ans Habanos S. A supprime de son catalogue de nombreux cigares, cette année encore ( Gloria Cubana Médaille d’Or 2, Quai d’Orsay Impériales, Cuaba Diademas, Romeo&Julieta Exhibition n° 3, etc…)…) Personnellement, je trouve toujours cela regrettable de voir un cigare disparaître pour des questions de profits et de rentabilité. Maintenant, la question que l’on peut se poser « Est-ce un mal nécessaire à la survit d’Habano ? », Quelle est leur légitimité ? » Leur stratégie, une vitole qui ne dépasse pas les 10000 unités par an est supprimé automatiquement l’année suivante. Donc beaucoup suivront, je pense ! Une planification redoutablement efficace. N’hésitez pas à venir en débattre, afin de connaitre vos différents points de vue.

Pour le Long – panatela, il ne faudrait surtout pas l’oublier car il risquerait à court terme de disparaître aussi un jour prochain. Beaucoup d’entre nous par choix personnel ou par effet de mode se tourne vers des formats plus robuste, plus viril en soi et par choix de goût bien entendu, car souvent plus aromatique, plus goûteux aussi qu’un fin et long module. Obsolète pour certain, d’une époque révolue pour d’autres, sa fine silhouette décharnée dénote dans cette course au cepo toujours plus monstrueux et ventripotent. 

Eh oui, pour rappel un gros cigare contient plus de feuille, chauffe moins due à son gros diamètre, ce qui entraine comme effet de sauvegarder et d’exalter au mieux ses huiles essentielles et résines contenues dans sa Liga ( ses feuilles de tripe), a contrario un cigare de plus faible diamètre chauffe beaucoup plus en raison de son faible diamètre, la température plus élevée occasionne une altération de ses molécules, il contient par défaut moins de feuille aussi dans la composition de sa tripe ce qui a pour effet d’être aromatiquement moins évolutif, souvent contrebalancé en général par une bonne corpulence et une puissance relative, plus anguleux; des cigares plus difficiles à apprécier de nos jours qu’ils le furent dans les années yéyé. En somme, en exagérant un peu, nous fumons le plus clair du temps des cigares de ‘tapette’ ! ( plus ils sont gros, moins ils sont puissants, d’ailleurs en Asie les gros modules ( plus phallique) sont exclusivement réservés aux femmes, les plus minces, les plus délicats le sont pour les hommes. A méditer !  

À savoir, ces cigares ( L – panatela) sont techniquement très difficiles à réaliser, le moindre défaut de tirage devient vite catastrophique de par sa longueur 19,5 cm tout de même, il faut être très vigilant lorsque vous le choisissez à la pièce, bien veiller au toucher de ne pas déceler une dureté qui signalerait une anomalie de fabrication, donc une dégustation difficile, voire impossible qui ne ferait que vous révolter, vous dissuader à choisir ce type de format à l’avenir.

Après vous avoir dépeint ce format atypique, revenons à notre Montecristo Especial.

Je vous avouerai que ce cigare me laisse un peu sur ma faim, comme un bon plat en sauce où le pain aurait malencontreusement été oublié ! ou mieux encore un bon plat en sauce, sans sauce ! Bref, vous comprenez le sens profond de ma pensée.

Les senteurs à crus jouent la mélodie du bonheur sur fond boisé/ terreux et butyrique. Un classique Cubain qui ne sert à rien de développer, jusque-là tout va bien. À l’allumage, je trouve par contre les saveurs asséchantes qui peine à s’arrondir tout au long de ce fumage, mais pas forcément mauvaise ! Les notes boisées, de chocolat épicé développent une persistance assez courte, mais de bonne intensité, doté d’une puissance équilibrée lui évitant de sombrer. Un cigare linéaire dans l’ensemble, fidèle à lui-même et sans grande surprise. Un cigare monochrome, qui ne parvient pas réellement à me séduire, un tête à tête amical, agréable mais sans amour !

Mais rassurez-vous, j’en trouverai un qui fasse vibrer tous mes sens dans les prochaines semaines. Si vous voulez y participer et me conseiller un long panatela, panatela, petit panatela, slim panatela digne de recevoir toute mon attention, je vous écoute avec plaisir.

Ce Montecristo n°1 est le parfait cigare de compagnie, peu loquace, mais d’un tempérament attachant. Ma note de cœur 12/20 un bon cigare, sans plus.

 

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: long panetela
  • Taille: 192mm x 15
  • Bague: 38
  • Prix Belgique: 13,9€ ( La maison du cigare )
  • Prix Suisse: 7,9€ ( Gestocigars )

montecristo especial

 

8 commentaires sur “Montecristo Especial n°1 ( long panatela )

  1. Dommage qu’il ne t ai pas convaincu. Au rayon des panatellas, tu devrais essayer le Por Larranaga – Montecarlo, ou l’Oliva – série V lancero ?

  2. En petit Panatellas, je ne connais que le Open Junior de Montecristo…Ma dégustation correspond un peu à la tienne (sauf qu’il s’agit d’un petit P) et oui, bon, c’est sympa, mais c’est tout…C’est bof en terme de goût, de puissance…Par contre, le tirage est plus difficile que sur les module que j’affectionne (Robusto et autre Corona Gorda) mais l’expérience de fumage n’est pas pour autant déplaisante, il faut que je recommence avec un autre module long et fin…

  3. Salut, Dami
    De retour de vacance ? Je commençais à m’ennuyer ferme ce mois de Juillet.
    Est-ce que tu connais le n°2 panatela ‘Davidoff’, ce sera ma prochaine dégustation. Un cigare que je te conseille.

  4. Salut Edmond,
    Hélas non, pas encore parti en vacances, mais c’est pour bientôt. Je ne suis pas un super fan de la marque Davidoff, mais au vu de ce que tu as écrit sur Monsieur Mathys et de la boutique que j’ai eu la chance de visiter, je me dis qu’il est peut-être temps de redonner sa chance à cette marque qui est, je dois le reconnaître, l’un des fleurons de l’industrie cigarière. Je me sens en forme pour goûter ce N°2 et peut-être aussi un robusto et un…Je ne sais pas encore, une surprise peut-être…Je te fais un retour rapidement !

  5. Bonsoir Edmond,
    J’ai la même analyse que vous sur ce cigare, bon compagnon non rassasiant et pourtant de bonne facture.
    Dans cette série des Especial, il y longtemps que je n’y ai pas goûté, je garde un souvenir ému du N°2, un Laguito que j’ai découvert dans le milieu des années 80 et qui a fait mon bonheur de nombreuses fois. Plus court et plus épais, il chauffait moins et fleurait bon la terre, le foin, l’écurie et le chocolat. Je ne sais pas si l’on peut encore le trouver et je serais curieux de le déguster à nouveau.
    Malheureusement, habitant à Cherbourg, le choix de la civette locale est plus que limité et ne connait pas ce module.
    Je déguste aujourd’hui Robusto, Corona, Churchill et Double Corona suivant l’heure de la journée et l’humeur du moment…
    Si vous trouvez des Especial N°2, goutez-les et donnez-nous votre sentiment et surtout, en ce qui me concerne et très égoïstement je l’avoue, le nom de la civette où vous aurez trouvé ce module qui me manque.
    À bientôt sur votre blog.
    Cordialement,
    Emmanuel

  6. Emmanuel, merci pour ton post sur le blog.
    Concernant le n°2 Especial, je devrai pouvoir t’arranger cela. Je me renseigne sur Genève.

Les commentaires sont fermés.

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